CREATION ET ENTRETIEN
DES JINS, SHARIS ET SHABAMIKI

Les JINS sont des branches mortes, écorcées et traitées pour présenter l'aspect que l'on voit aux bois flottés

Les SHARIS sont des parties de tronc traitées comme les jins

Les SHABAMIKIS sont des troncs morts et blanchis que l'on creuse pour donner un aspect plus dramatique à l'arbre qui devient alors une sculpture vivante.

CREATION

Ne pas abuser des jins. Si l'usage des bois morts permet de conférer à l'arbre un aspect vénérable, il faut bien veiller à ce que l'orientation de ces branches soit en harmonie avec l'ensemble de la ramure et faire en sorte que l'aspect reste naturel.

Deux possibilités s'offrent a vous, soit la branche sélectionnée est vivante, soit elle est déjà morte.

La branche est vivante
Cette opération se réalise en juin juillet

Il ne faut pas choisir une branche trop petite. Une fois écorcée, elle sera deux fois plus fine.
L'opération doit avoir lieu en été.

Il faut s'assurer, avant de sacrifier la branche qu'il y en a bien une au dessus d'elle pour prendre le relais d'appel de sève, sinon toute une partie de l'arbre sera du bois mort. (sauf si c'est l'effet recherché)

 
 Couper tout ce qui est trop fin à la pointe des branches. Il faut délimiter a la pointe du cutter (si vous avez un opinel, c'est mieux)la base de la branche concernée. Ne pas hésiter à entailler complètement l'écorce. Le bois mort s'arrêtera bien proprement à la découpe, autrement, l'écorce risque de s'effilocher sur une branche que l'on souhaitait conserver.
 Utiliser la pince plate pour dissocier l'écorce du bois par un mouvement tournant.Ecorcer.

 
 On voit sur la photo que le simple fait de faire tourner l'écorce la détache du bois .

 
 Le nouveau jin apparait un peu rosé devant l'ancien shari qui a été traité. Attendre un peu que le bois soit bien sec et traiter.

 

 La branche est morte
On pourrait croire que c'est plus facile. Pas du tout ! L'écorce colle au bois mort et il faudra l'ôter au cutter, millimètre par millimètre en veillant à ne pas déraper. Pour se faciliter la vie, On peut emballer la branche au préalable dans d'étroites bandes Velpeau passées à la vapeur. L'écorce sera un peu ramollie et sera plus facile à enlever. En faisant pénétrer l'eau chaude dans le bois, on peut aussi changer la forme de la branche si elle n'est pas trop grosse.
Cette opération peut se faire en toute saison.
 CREATIION D'UN JIN SUR BOIS MORT AVEC PATRICK
 Voici la méthode que j'utilise pour réaliser un jin (écorcage).
Tout d'abord, ce jin est réalisé sur un pin à crochet qui a poussé vers 1900 m d'altitude, ce qui l'a fait pousser assez lentement et a rendu son bois assez dur, il n'a donc rien à voir avec un plant de pépinière boosté à l'azote

Ensuite, la branche a été coupée depuis 3 ans ce qui lui a laissé le temps de s'imprégner de résine, cela rendra le jin bien plus durable.

 Voici le moignon qui va être travaillé :
 Première étape : délimiter, par exemple à la craie, la zone qui sera écorcée :
 Avec un greffoir ou toute autre lame bien effilée, on entaille jusqu'a l'aubier, donc l'écorce et le liber :
 Avec un sécateur, on entaille le bout du moignon dans le sens de la longueur en 4 voire 8 quartiers :
 voici le résultat à ce moment :
 Grâce à la pince à jin, je mâche la branche, afin de détacher l'écorce:
 

On obtient alors ce résultat :
 Maintenant j'écrase les fibres du bois :
 
Je commence à tirer les fibres du bois en les enroulant autour de la pince à jin :
 Le moignon commence à être entamé :
 
 Le travail progresse toujours de la même façon, en défibrant :
 
  Le plus gros du travail est effectué :
 A présent je tire vers moi le reste des fibres, je n'enroule plus pour ne pas risquer d'aller trop loin :
 Un peu plus tard :
  Je finis en raclant avec la lame :
 Voilà qui est mieux :
 Notez que j'entame l'écorce sous la branche : quand une branche meurt, la veine de sève qui l'alimente s'assèche également .

 Maintenant il faut songer à mastiquer la limite jin/tissus vivants, je fais donc un petit boudin avec du mastic à cicatriser :

 Et je l'applique :


 Avec la spatule je le fais bien rentrer dans la plaie:

 Voilà je reprends un peu le jin pour le rendre encore plus naturel :


Pour l'instant,le travail est terminé. Désormais, le soleil, la pluie, le gel, bref la nature vont continuer à le façonner, à lui donner une certaine patine.

 Le liquide à jin ?


Pour l'instant on n'en applique pas, il gènerait justement le travail de dame nature, et puis avec un recul de 5 ans cela ne s'avère pas encore nécéssaire.

 

  • Ajouter du bois mort
    On peut aussi ajouter un bois mort pour allonger un jin préexistant en le collant tout simplement. Choisir la même essence d'arbre et veiller à ce que les surfaces de contact concordent et soient en harmonie.
  • ENTRETIEN

     

     Il est préférable d' entretenir les bois morts en été pour qu'ils sèchent plus vite. Il faut dire que le produit d'entretien pour les bois morts est composé de chaux et surtout de soufre et que c'est une véritable infection . Pour entretenir les jins, on brosse le plus gros des mousses et des petits lichens avec la brosse métallique, on peaufine à la brosse souple puis on les lave à l'eau à l'aide d'une vieille brosse à dents et d'une vieille brosse inter dentaire pour bien aller partout. Puis on laisse sécher, on ponce avec un papier de verre très fin si le bois s'est un peu fissuré et seulement on passe le produit en délimitant le bois mort avec un pinceau fin puis en passant le reste avec un gros pinceau. Il faut au moins trois couches la première année pour que le bois soit bien blanc. les années suivantes on peut le faire une ou deux fois si c'est nécessaire. Cette opération a bien sûr un but esthétique mais aussi elle prévient du pourrissement du bois. A défaut de produit pour les jins, on peut utiliser du jus de citron.attention à ne pas toucher le bois vivant.

    Il est conseillé de protéger la terre avec du papier journal.


    RECETTE


    225g de fleur de chaux dans 500ml d'eau,
    125g de souffre dans 500ml d'eau
    Faire bouillir le tout pendant 50 min.
    Application à froid.

     

    DU BOIS MORT SUR DES FEUILLUS

    Si l'on observe ce qui se passe dans la nature, on se rend compte qu'aucun feuillu n'a jamais de jins parce que les branches mortes pourrissent et cassent. Toutefois il existe des troncs complètement creux ou seulement des trous qui sont l'emplacement d'une ancienne branche. Bien que certains jurés considèrent qu'une cicatrice sur le tronc d'un feuillu est un défaut, nous ne sommes pas d'accord dans la mesure ou l'arbre a l'air plus vénérable et ou ce genre d'incident arrive réellement aux vieux arbres.
    Il faut procéder différemment. Quand on coupe une branche, il y a une cicatrice. On ne la mastique pas. L'eau de pluie va faire pourrir le bois mort au centre. Il suffit de le creuser avec un crochet jusqu'au bois sain. D'année en année, un joli bourrelet va se former autour du trou. Quand il a atteint la profondeur et la taille désirée, on traite avec le produit que les agriculteurs utilisent pour leurs arbres fruitiers.

    Pour obtenir un effet de tronc creux, on observe le passage de la sève. (c'est souvent plus facile a l'automne quand l'écorce craque.) On coupe tout ce qui se trouve au dessus de la ligne de sève choisie. Comme il n'y a plus de branche à alimenter, le bois meurt à cet endroit. L'écorce tombe et il n'y a plus qu'à traiter comme précédemment.


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