|
Préparer l'eau
Au début de notre
collection, nous arrosions nos arbres avec de l'eau minérale.
Quand on voit l'ampleur qu'elle a pris, il est clair que ce n'est
plus possible et même complètement fou. Nous sommes
passés des bouteilles aux bidons, des bidons aux réservoirs
et des réservoirs à la citerne. Bien sûr,
c'est l'eau de pluie qui convient
le mieux aux bonsaïs, elle a au moins le mérite de
ne pas faire de dépôts calcaires sur les pots. Toutefois,
elle est très acide et assez polluée dans nos villes.
Nous avons gardé nos réservoirs ou elle peut décanter
encore un peu avant d'être utilisée et aussi quelques
bidons dans lesquels nous ajoutons quelques gouttes de produit
à blanchir les jins. Cette eau est réservée
aux genévriers chinois qui n'aiment pas l'acidité
de l'eau de pluie et qui le manifestent en jaunissant au bout
des aiguilles. On pourrait aussi mélanger de l'eau du
robinet -si elle est calcaire comme dans notre région-
à de l'eau de pluie. Si vous avez le problème
inverse et que vous êtes obligés d'utiliser l'eau
du robinet, nous vous conseillons de laisser séjourner
l'eau quelques jours dans un réservoir pour laisser évaporer
le chlore et d'y laisser baigner une poignée de tourbe
dans un vieux bas. Ca corrigera l'alcalinité de l'eau. Si vous êtes l'heureux propriétaire
d'un puit d'eau assez douce, vous
n'êtes pas dispensés pour autant du passage en réservoir.
Le choc de la température du puits et de la température
ambiante ne plairait certainement à vos bonsaïs.
Souvent revient sur le forum le problème des régions
qui ont de l'eau calcaire et l'arrosage des azalées.
On a parlé du bas de tourbe dans un arrosoir pour faire
baisser le Ph ( ça marche pas j'ai essayé), les
produit vendus en jardinerie (ou on met un bouchon pour 3 litres
d'eau par exemple) mais comme l'avait dit quelqu'un sur le forum
n 'est ce pas nocif à la longue.
Il reste aussi la solution de l'osmoseur. si l'eau a une
trop forte teneur en carbone et en magnésium. Dans ce
cas, la tourbe est inefficace.
Ce que nous faisons
Nous arrosons tous nos arbres avec un pulvérisateur.
Ca peut prendre 5 heures par jour en cas de forte canicule.
- Opération n°1, on mouille la terre pour qu'elle
devienne plus absorbante sinon l'eau risque de rouler à
sa surface.
- Opération n°2, on repasse avec le pulvérisateur
et on arrose jusqu'à ce que l'eau sorte par tous les trous
de drainage.
- Opération n°3, quand le soleil s'est couché,
nous bassinons les feuillages à l'arrosoir. Le but est
de leur donner un maximum d'humidité surtout aux conifères
pour décourager l'araignée rouge.
Il est conseillé d'arroser le sol et les environs à
la lance pour garder une humidité ambiante.
Les bonsaïs miniatures quant à eux sont placés
sur des carrelages déposés sur des plateaux sans
trous et remplis de gravier. Le plateau peut ainsi être
rempli d'eau sans que les racines des arbres ne la touche. Ca
leur procure de la fraîcheur pour la journée. Veillez
quand même a ne pas trop les exposer au soleil brûlant.
Si un arbre devient difficile à arroser, piquez la
surface de la terre avec une baguette.
On peut aussi immerger carrément le pot dans une bassine
pleine d'eau jusquà ce qu'il n'y ait plus de bulles qui
remontent à la surface. On est sur alors que la terre
est bien humide partout. A n'utiliser que si on a l'impression
que l'arbre a soif alors qu'il a été arrosé
convenablement ou pour les plus petits qui sêchent vite
et qui ne sont pas faciles à arroser.
Un
truc piqué aux viticulteurs
C'est en entendant un étranger expliquer à ses
enfants que c'était dommage que les viticulteurs charentais
n'enlèvent pas les pierres de leurs vignobles que nous
avons adopté un truc auquel nous n'avons pas pensé.
Les pierres claires maintiennent l'humidité dans la terre
et emmagasinent la chaleur sans la laisser pénétrer.
Il faut dire que deux ou trois pierres bien enfoncées
dans le sol d'une petite forêt implantée dans un
pot de 1,5 cm de hauteur ne nuisent absolument pas à la
beauté de l'ensemble et peuvent faire gagner un peu de
temps avant le prochain arrosage
Pourquoi pas l'arrosage automatique?
Si l'on considère le nombre d'heures que nous passons
à arroser, on peut se poser la question . Nous ne sommes
pas nés de la dernière pluie (l'expression s'impose)
et bien sûr, nous avons vu des installations qui douchent
les bonsaïs d'intérieurs à une heure programmée
et des réseaux de petits tuyaux qui courent de pot en
pot pour verser la quantité d'eau idoine. Le
temps d'arrosage n'est pas du temps perdu. C'est du temps d'étude.
Nous en profitons pour
- Regarder s'il n'y a pas de maladies ou d'insectes indésirables.
- Jeter un oeil aux ligatures qui pourraient s'incruster.
- Vérifier que des gourmands ne poussent pas aux aisselles
des azalée.
- Envisager de changer la forme en favorisant la pousse d'une
branche plutôt que d'une autre.
- Laisser pousser une branche trop puissante que nous sacrifierons
plus tard dans le seul but d'amener la sève là
ou nous le voulons.
- Eprouver la qualité de la mousse et de la terre. Si
l'eau pénètre mal, le bonsaï sera inscrit
sur la liste des rempotages.
Ce pourrait être une corvée, c'est en fait un
moment privilégié de paix et de silence.
Il est important aussi de souligner que nous ne sommes pas
des commerçants. Nos arbres ne sont pas anonymes et portés
dans les pertes de notre exploitation. Si on en perd un, c'est
le drame. C'est des années de travail et d'attention,
c'est beaucoup d'amour de perdu et nous ne prenons aucun risque.
|