LA GRAINE DE PIN MARITIME QUI VOULAIT ETRE BONSAI

Je lis souvent que, quand on plante une graine, c'est pour faire un bonsaï dans une génération. Peut être, mais qu'en est il vraiment ?

C'est l'histoire d'une pomme de pin qui a eu l'idée de venir rouler à nos pieds, hors des fagots du feu de la Saint Jean, en juin 1987, encore fermée. Elle était jolie, on l'a gardée, puis oubliée sur le muret du jardin, au soleil et à la pluie.

A priori, le pin maritime n'est pas un bon sujet à bonsai si on considère la taille des aiguilles presque aussi grandes que des aiguilles à tricoter et nous n'avions pas l'intention de faire germer les graines. Courageux, oui...mais pas téméraires. Un pin maritime...pas question !!!

 

La pomme de pin était d'un autre avis. Elle avait des ambitions sous ses écailles.

Elle s'est ouverte et a colonisé un pot de fleur, elle était pleine de graines. Finalement, les jeunes pins avaient l'air tellement volontaires... qu'on les a plantés dans des godets, chacun a poussé un peu comme il a voulu. En 1990, on a commencé à en mettre quelques uns en forme pour voir. Celui ci est pris en juin 2000. Seul le tronc a été un peu formé

 
  Le revoici en 2003. Il a été débarrasé des branches inutiles et remis dans un pot un peu plus grand pour accélérer un peu sa croissance. Comme il est encore souple, je vais lui imposer des "cassures" en m'inspirant d'un croquis du Naka
Comme nous avions obtenu plusieurs pins, on a gardé le plus moche pour faire des tests et principalement pour tester sur lui les techniques utilisées habituellement sur le pin noir. Le pin maritime nous réservait une surprise.
 Quand on coupe l'extrémité d'une branche au printemps, de nouveaux bourgeons sortent entre les vieilles aiguilles. On peut même couper les vieilles aiguilles en ne laissant que la gaine qui les tient ensemble. C'est bien utile pour faire repercer en arrière.

 

 

 Ce qui est drôle, c'est que ces bourgeons donnent naissance à des branches beaucoup plus fragiles et pourvues d'aiguilles minuscules.

L'arbre continue à émettre par ailleurs des aiguilles de 10 cm.

Le phénomène est étudié de près sur l'arbre test avant d'être appliqué à la cascade.

novembre 2005, L'arbre commence à prendre une forme intéressante. Finalement, ça valait la peine de semer. Il n'est pas encore parfait, c'est évident mais tout de même, je suis satisfaite alors que je n'en espérais rien. La taille a bien donné et il a percé de partout. Les cassures sont belles, le tronc commence à se craqueler.

    
Détail de son écorce,
 On pense en général que les aiguilles de pins maritime ne se réduisent pas. Voici côte à côte des aiguilles naturelles (25 cm de long) et des aiguilles des mêmes arbres en bonsaï. (un peu moins de 5 cm)

 En mai 2006, la matière est suffisante pour pouvoir d'une part le réduire en hauteur et le mettre en forme.

 Mai 2007 après une petite remise en ordre

 
     
 

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